Coma Unplugged : Passage obligé

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Le Théâtre de La Manufacture présentait, hier au Théâtre Périscope , la première à Québec de Coma Unplugged. Une pièce à l’ambiance burlesque avec musique et numéros de circonstance. Pourtant, la scène ne donnait aucunement l’impression que nous allions bientôt être transporté d’un l’univers froid et stérile à un autre univers, plus coloré et déroutant joyeux.

Jamais je n’aurais cru qu’une chambre d’hôpital pourrait devenir un endroit aussi réjouissant et divertissant. Je savais que ces murs aseptisés et tristes étaient souvent le théâtre de la douleur et de la peine, de la solitude et de la colère ou bien de réflexion et de réconfort… Mais je n’aurais jamais imaginé que cet endroit devienne une scène de cabaret. Mais avec la plume de Pierre-Michel Tremblay et ses mots transposés par Denis Bernard, vous devenez assurément témoin de quelque chose de particulier et peut-être même, d’intrinsèque.

L’histoire que nous raconte « Coma Unplugged » est celle de Daniel (fantastique Steve Laplante), chroniqueur d’humour pour un quotidien. Il finit par devenir le personnage cynique et désabusé de ses articles. Pris dans la tourmente de son récent divorce, il est victime d’un accident. Plongé dans le coma, il est catapulté dans un cabaret, le cabaret de sa vie. Dans cet espace onirique, les personnages marquants de son quotidien et de son imaginaire se succèdent sur la scène et jonglent avec ses souvenirs, ses rêves et ses conflits intérieurs. Voudra-t-il sortir de son coma pour reprendre le contrôle de sa vie ?

Sublimement interprété par une Marie-Hélène Thibault assurée et intense, la femme de Daniel fait partie de ce drôle de quatuor qui viendra hanter les pensées de ce pauvre chroniqueur, allongé sur son lit de mort.
Un peu à l’image de l’oeuvre de Charles Dickens, ces personnages viendront tour à tour bousculer l’équilibre fragile de l’homme. Cet homme que l’on veut fort et droit, dans une société qui apaise souvent la douleur (ou l’horreur) de l’être humain dans le rire et l’humour facile…

Ce cabaret particulier où tantôt Daniel est le souffre-douleur d’un ancien ami du primaire, ou plus tard, il est ce « Stand Up comique » qui fait passer son opinion sociale par le biais du rire, « follow-spot » inclus !

Accompagné de deux très bons musiciens polyvalents, Benoît Gouin campe un Bertrand névrosé et angoissé à souhait sur la vraie nature masculine ! Il donne ici la performance que je préfère dans ce spectacle. Autre personnage intriguant que celui savoureusement interprété par Philipe Racine. Comme venu directement du desert du Sahara, ce guerrier “touareg” représente inévitablement la peur de la différence… Cette différence qui se vit dans les deux sens… Arrivant vers la toute fin, Louise Laparé, se pointe sous les traits de la maman de Daniel, plus vraie que nature ! Son regard protecteur sur la vie de Daniel, nous rappelle que nous sommes toujours : « les fils à maman », peu importe notre âge !

Malgré le ton joyeux et festif de l’ensemble, nous basculons à quelques reprises dans la tristesse et le désarroi que vivent ces personnages. On se surprend à porter une réflexion personnelle sur nos propres choix, nos chemins parcourus, nos buts… nos rêves. Ce passage obligé de la réflexion sur soi-même, nous le traversons tous un jour ou l’autre. Parfois, nous en sortons grandis. D’autres fois…

Je ne sais pas si c’est la performance des acteurs, les textes ou la mise en scène qui m’a le plus impressionné et bouleversé, mais au fond, comme dans la vie, c’est peut-être tout ça qui a rendu ce passage obligé aussi captivant !

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Présenté à guichets fermés lors de sa création en janvier 2007, Coma Unplugged récoltait la même année le Masque Production – Montréal et le Masque de la Musique ainsi que le Prix de la critique – Production montréalaise remis par l’Association québécoise des critiques de théâtre. La troupe termine une tournée du Québec et des Maritimes avec cet arrêt à Québec. Ils seront à Vancouver en janvier 2010.

Coma Unplegged

Du 17 au 28 novembre 2009
du mardi au samedi, 20 h
Dimanche 22 novembre à 15 h
SUPPLÉMENTAIRE : le 28 novembre à 16 h
Théâtre Périscope
2, rue Crémazie Est, Québec

Texte : Pierre-Michel Tremblay
Mise en scène : Denis Bernard
Assistance à la mise en scène : Marie-Hélène Dufort
Distribution : Félix Beaulieu-Duchesneau, Benoît
Gouin, Louise Laparé, Steve Laplante,
Philippe Racine, Marie-Hélène Thibault
Décor : Olivier Landreville
Costumes : Mérédith Caron
Lumière : André Rioux
Musique originale : Ludovic Bonnier
Accessoires : Patricia Ruel
Maquillages : Suzanne Trépanier

Site internet de La Licorne

Site Internet du Theatre Le Périscope