Homme en détresse

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Pour son premier film à la réalisation, le designer Tom Ford propose une oeuvre fidèle à son image. Un film léché, tout en finesse, indémodable…

Tiré du livre « A Single Man » de Christopher Isherwood, le film nous ramène à Los Angeles, au début des années 60. Georges, professeur d’université britannique, se retrouve seul lorsque son compagnon de longue date est subitement tué dans un accident de voiture. Incapable d’envisager un avenir privé de son amoureux, Georges commence à penser au suicide.

Présenté dans une esthétique lisse et organisée. On sent une certaine démarche artistique et un désir du designer américain de vouloir laisser sa propre identité cinématographique. La reconstitution de l’Amérique des années 60, dans un quartier cossu de Los Angeles est réussie. La photographie de ce film est remarquable. Ford propose une image aux couleurs saturées, pratiquement monochrome. Par moment, les couleurs deviennent plus brillantes. Ces rares moments, où Georges (au bord du suicide) sent la beauté de la vie, les bonheurs tout simples… Comme pour le ramener à la vie.

Ce Georges, c’est Colin Firth.Pratiquement méconnaissable avec ces énormes lunettes (clin d’oeil à Yves St-Laurent ?), l’acteur britannique crève l’écran. Sensible et mystérieux, il propose un personnage fort en extérieur (nous sommes dans les années 60, il est professeur dans un collège, exit l’homosexualité !), mais tellement brisé intérieurement. Criant de vérité lors des retours en arrière, l’homme qui vit dans une maison vitrée, se cache pourtant dans sa douleur qu’il ne veut surtout pas partager…

Ford n’est pas en reste avec les compatriotes de l’acteur. En plus de Colin Firth, il peut compter sur la présence de la toujours aussi convaincante Julianne Moore. L’amant de Georges, Jim, est interprété par Matthew Goode (récemment vu dans « The Watchmen » et bientôt dans « Année bissextile »). Coup de coeur pour le jeune et talentueux Nicholas Hoult, en jeune homme tourmenté par des sentiments amoureux qu’il tente de comprendre en compagnie de Georges. À noter la présence de Jon Kortajarena, jeune modèle-fétiche de Tom Ford, dans sa première incursion au cinéma.

Bref, un film touchant, superbement interprété, sensible, esthétiquement presque parfait… Un gros coup de coeur Cinéma en ce début d’année !