La lourdeur des souvenirs

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Robert Lepage

La vie. Le passé. Le présent. La mort. Simple et sans équivoque, nous vivons dans un seul et unique but. Vivre pour ensuite mourir. Car, au fond, la seule chose qui nous rassemble tous, sur cette Terre : la mort. Inévitable fléau de tous les fléaux. Que nous reste-t’il ? Les rêves ? Les souvenirs ? Un homme avance dans ce qui semble être une plaine… ou serait-ce une plage ? Peu importe. Car dans sa tête, il n’y a que vagabondages. Des promenades dans une époque, puis une autre. Cet homme, vieux et faible, traîne derrière lui un panier. Avec douleur et lenteur, il passe et repasse les morceaux de sa vie en compagnie de celle qu’il a aimé et qui est partie, sans l’attendre. Ces possessions que l’homme garde et emporte avec lui sont les seules qui ont réellement de la valeur. Les souvenirs d’une vie.

En ces temps où tout va trop rapidement, il fait bon s’arrêter un moment et bien réfléchir. En ces temps où la fragilité de la vie de couple ne tient qu’a un bout de papier et une mine de stylo. Se souvenir de ces moments heureux (ou moins heureux) qui nous forment, nous façonnent, pourraient être le réconfort tant désiré ?

Cet homme avance encore et petit à petit nous laisse entrevoir de toutes petites parcelles de vie.

Roland Lepage campe avec brio cet homme touchant et fragile. « Il y aura », présenté au Théâtre Périscope de Québec, est le premier solo pour l’acteur de 81 ans, récipiendaire du prestigieux prix Denise-Pelletier.
Écrite spécialement pour M.Lepage, la pièce de Jean-Phillipe Joubert est l’excuse pour une rencontre de deux univers. La rencontre de deux générations. La rencontre de deux passionnés du théâtre. La facture classique de la ligne narrative et le mariage avec des éclairages et des projections modernes, donnent un moment de théâtre agréable. Un seul petit bémol à cette partie de la mise en scène qui veut qu’une personne vienne sur scène pour déplacer le panier que traine M. Lepage. Ces petits moments si banals soient-ils, viennent saccader le rhythme de la pièce. Mais, le monstre sacré qu’est Roland Lepage se donne littéralement à ce spectacle. Il incarne avec sensibilité cet homme qui au fond, cherche peut-être à laisser-aller ses souvenirs pour enfin, peut-être… vivre !

Notes supplémentaires:

Roland Lepage

Roland Lepage est acteur et auteur. En 1949, à l’âge de vingt ans, il obtient une licence en lettres classiques de l’Université Laval. Roland Lepage fait ses premières armes en théâtre à Québec, avec Pierre Boucher et Paul Hébert. Outre ses pièces, il a écrit pour la télévision les séries « Marie-Quatre-Poches » et « La Ribouldingue », a collaboré à « Cœur aux poings », à « Marcus » et à « Nic et Pic », et il a signé des traductions et des transpositions de textes classiques et contemporains. Il remporte le prix Denise-Pelletier par le Gouvernement du Québec en novembre 2009, pour souligner sa contribution exceptionnelle au Théâtre du Québec.

Jean-Philippe Joubert

Dès le début de sa carrière artistique, comme interprète, metteur en scène ou auteur, Jean-Philippe Joubert s’adresse autant à un jeune public qu’à un public adulte. Finissant du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2001, il fonde la même année “Nuages en pantalon” – Compagnie de création. Cette compagnie donne un rôle primordial au corps et au mouvement dans son processus de création. Elle développe aussi une dramaturgie contemporaine qui s’adresse à tous les publics.

IL Y AURA
Production Nuages en pantalon – compagnie de création
Codiffusion Théâtre Périscope

Du 11 janvier au 29 janvier 2010 au Théatre Le Périscope, Québec

Texte et mise en scène : Jean-Philippe Joubert
Assistance à la mise en scène : Andrée Beaulieu
Distribution : Roland Lepage
Décor, lumières et vidéo : Jean-Philippe Joubert
Costumes, accessoires et assistance au décor : Claudia Gendreau
Conception trame sonore, régie et direction technique : Julie Touchette