Ils explorent : Marie-Renée Lavoie

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MARIE-RENÉE LAVOIE est l’auteure d’un magnifique roman : « La petite et le vieux ». Elle a été choisie pour notre rubrique « Ils explorent » de ce mois-ci !

Née dans le quartier Limoilou à Québec, en 1974, Marie Renée détient une maîtrise en littérature québécoise de l’Université Laval. Elle enseigne présentement la littérature au collège Maisonneuve, à Montréal.

Pour CULTURILS, Marie-Renée s’est prêtée avec un bel enthousiasme à quelques questions !

Découvrez une jeune femme lumineuse et charmante.

CULTURILS (C) : À quel endroit êtes-vous née ? Où avez-vous grandi ?

MARIE-RENÉE LAVOIE (MRL) : Je suis née à Limoilou, à Québec. J’y suis restée environ jusqu’à l’âge de 25 ans.

C : Qui, selon vous, vous a donné le goût à la lecture ? À l’écriture ?

MRL : C’est difficile à dire maintenant, mais j’ai le souvenir d’écrire des livres avant même d’être capable de former des lettres. Je faisais des séries de « eeeeeee » en lettres attachées que j’espaçais pour leur donner la forme de mots. Je racontais ensuite les histoires que j’avais ainsi écrites à mes petites sœurs, mes éternelles cobayes. Elles ne s’en plaignaient pas trop, je crois.

Au tout début, en fait, j’étais fascinée par l’objet « livre », les feuilles, leur épaisseur, la couverture, les images, quand il y en avait. Mon goût de l’écriture m’est venu en bonne partie d’un besoin de recréer l’objet. Je brochais des tas de feuilles ensemble que je noircissais de guirlandes « eeeee ».

C : Quels étaient les livres qui ont bercé ces années de votre enfance?

MRL : Je raffolais des Picsou Magazine. J’adorais les réécritures de l’Histoire que ces livres proposaient, comme si les frasques de Picsou et de sa bande pouvaient expliquer les pyramides, les Conquêtes, etc. Un peu plus tard, entre deux Picsou, quand la magie de Disney a commencé à faiblir, je suis allée voler des livres dans la bibliothèque de ma sœur. De mémoire, les premiers titres lus : Le rêve de l’escalier de Buzzati, La princesse de Clèves de Madame de Lafayette, La vie devant soi de Gary.

C : Racontez-nous, en quelques lignes, votre parcours (études et travail)

MRL : J’ai failli, après le secondaire, choisir la musique, la trompette. Mais j’ai choisi d’étudier en sciences pures (l’équivalent de sciences santé aujourd’hui), car ça me semblait la voie facile pour l’ « après » : je me cherchais un peu et je tenais à me garder « toutes les portes ouvertes », comme on dit souvent. Deux ans plus tard, diplôme en poche, j’ai fait une demande en Techniques policière, en Médecine vétérinaire et en Chimie. Comme on m’acceptait partout, j’ai choisi la Chimie, parce que je voulais écrire, depuis toujours et que ça me semblait plus compatible avec mes aspirations : créer des molécules nouvelles ou des plastiques biodégradables, c’est aussi très poétique. Mais j’ai tout lâché pour la littérature. Ensuite : bac, maîtrise, bout de doctorat et certificat en enseignement au collégial = prof de cégep en littérature. Je suis fabuleusement heureuse de mes choix. Professionnellement, je crois que je me suis réussie.

C : « La petite et le vieux » est votre premier roman ?
MRL : Officiellement, oui. J’en ai cependant écrit quelques-uns dans mon enfance et mon adolescence, dont un que l’école secondaire a publié quand j’étais en quatrième secondaire. Une espèce de mélodrame farfelu parfait pour faire un film américain pour adolescents qui ont envie de brailler un bon coup.

C : À la lecture, on sent un petit côté rebelle de la jeune Joe/Hélène, est-ce un peu autobiographique ?
MRL : Mon Hélène est une fabulation de ce que j’aurais aimé être à huit-dix ans. C’est la femme de 34 ans qui se tient pas loin derrière cette petite qui pose un regard critique sur l’univers d’Hélène. C’est d’elle qu’elle tient son « hyperlucidité » et sa maturité qui l’amènent davantage à vouloir comprendre son monde qu’à le rejeter. Il y a quelques heurts, forcément, mais elle n’est pas très rebelle.

C : Votre dernier livre lu ?
MRL : Le discours sur la tombe de l’idiot de Julie Mazzieri. J’ai adoré.

C : Quel est le livre que vous auriez aimé écrire vous-même ?
MRL : Des tas. Mais s’il me faut donner un titre, je vais y aller avec un grand classique : Cyrano de Bergerac. Il me semble que ça suffit pour toute une vie, une œuvre comme celle-là.

C : Quel(s) autre(s) auteur(s) appréciez-vous le travail ?
MRL : De quels auteurs? Sylvain Trudel, quelle plume! Je ne peux pas lire plus d’une ou deux pages de ses livres à la fois (nouvelles ou romans), c’est du condensé de talent qui me donne le vertige.

C : Si vous aviez à nous faire découvrir un livre, un auteur, ou un artiste moins connu ; ce serait qui ?
MRL : Elle n’est pas inconnue, peut-être moins lue : Anne Legault et ses très beaux Récits de Médilhault (L’instant même).

C: Merci beaucoup Marie-Renée pour avoir accepté notre petite entrevue (une première pour Culturils!). Bravo encore pour ce petit bijou de lecture !

MRL : Je suis vraiment touchée de l’intérêt que vous portez à mon roman. Maintenant j’ai peur de m’arrêter là, de n’avoir plus rien à écrire. D’ailleurs ça vous ferait une bonne question pour les auteurs d’un premier roman : « Avez-vous peur de ce qu’il faudra écrire après? »

Merci à vous.

Découvrez son roman (gros coup de foudre !) « La petite et le vieux », bientôt sur notre blogue !

LA PETITE ET LE VIEUX
Marie-Renée Lavoie
Editions XYZ Éditeur
ISBN : 978-2-89261-575-3

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