Xavier Dolan : Le petit prince

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Jeudi dernier, Culturils a eu le privilège d’assister à l’avant-première du deuxième film de Xavier Dolan, petit prodige du cinéma québécois.

Pour sa seconde oeuvre : « Les amours imaginaires », le gagnant de plusieurs prix mondiaux, poursuit sa quête initiatique vers un cinéma unique et passionnant.

Beaucoup plus léger dans le ton, mais tout aussi intense dans l’émotion, ce deuxième film confirme (si on en doutait) le talent exceptionnel de ce jeune homme de début vingtaine.

Son film raconte l’histoire de Francis (Xavier Dolan) et de Marie (Monia Chokri), deux amis de longue date, qui tombent amoureux simultanément du même garçon. Entre eux, s’installe alors un certain ballet de séduction qui amènera inévitablement à la destruction de leur amitié, mais aussi à la douleur du rejet que devra inévitablement subir l’autre…

Car Xavier réussi à semer le doute sur l’orientation sexuelle du jeune éphèbe (Neils Shneider), image d’un David de Michael-Ange en chair et en os… et en boucles blondes !

Filmé à la caméra-épaule, Xavier utilise les gros plans, les ralentis et les enrobages de lumières pour conférer un style jeune, mais largement inspiré de ses paires. D’ailleurs, il ne se gêne pas de placer ici et là des oeuvres d’artistes et des références à des films (ou des réalisateurs) qu’il adore. Les images sont empruntes d’une sensualité à fleurs de peau. Les scènes d’amour sont particulièrement bien réussies. De plus, la bande musicale, hyper bien réussie et éclectique, nous propose des titres aussi bien des années soixante que de grandes pièces classiques ou des découvertes de groupes alternatifs ou rock peu connus…

Dolan propose un scénario tantôt drôle, tantôt plus dramatique. Pour alléger une histoire qui aurait pû être lourde (ou même banale), le jeune scénariste/réalisateur, à écrit de courts monologues interprétés par différentes personnes (qui n’ont aucun rapport avec l’intrigue principale). Ceux-ci racontent différents points de vue sur l’amour, la vie amoureuse, les rencontres… la désillusion ! C’est ingénieux et fort bien interprété, d’ailleurs.

Soulignons la sublime Monia Chokri qui incarne une Marie légèrement névrosée, mais attachante, émule quasi-parfaite d’Audrey Hepburn; tandis que le jeune éphèbe incarne l’ambiguïté de son personnage avec délice et volupté.

Poursuivant son conte de fées, le petit prince des grands écrans démontre avec un aplomb sérieux, une démarche artistique, sobre, calculée à certains endroits, mais sensible. Une direction d’acteurs quasi parfaite pour un film jeune et inspirant. Il dépeint une représentation de la génération de jeunes d’aujourd’hui, outre l’universalité du sujet.

Culturils est sous le charme !

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