Le pays intérieur

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Première belle lecture apaisante d’automne, « Depuis les cendres » d’Emmanuel Bouchard se veut comme un livre aussi réconfortant qu’une vieille doudou, ou plus encore, un vieux chandail de laine, tout confortable (à l’image de la couverture) !   Emmanuel Bouchard raconte le voyage d’un jeune homme qui, le sait-il réellement ?, tente d’oublier la douleur qui accompagne le départ de son père, victime d’un cancer. L’auteur élabore une formule lyrique et authentique sur la perte d’un être cher (ici, le père) et la crainte de l’engagement, pour ne pas sentir ce vide à nouveau…

«J’ignore si je voyage vraiment, mais je me déplace. C’est-à-dire que je n’ai pas appris à voyager, à faire ceci ou cela dans telle circonstance. J’avance pour voir du pays, peut-être aussi pour me débarrasser de quelque chose. Pour user mes bottes sur un parcours dont le tracé n’a pas réellement d’importance. Pas tellement pour me nourrir au fond. L’étranger, je le rencontre de toute façon au coin de ma rue ou quelque part en moi.»

S’engageant entre la poésie et les dialogues plus traditionalistes, les mots d’Emmanuel sont d’une grande tendresse. Utiliser la métaphore du voyage afin de tenter guérir de la douleur que provoque la perte d’un être cher, n’a rien de nouveau. Mais Emmanuel Bouchard dépeint ce voyage avec un phrasé poétique et sentimental. Résumant l’essentiel avec des mots qui évoquent la perte, la déstabilisation, le vide, mais aussi, peutêtre, l’espoir d’un nouvel amour ! Trouvant ressourcement et un réconfort grâce aux mots de St-Denys Garneau, Vigneault et Miron, c’est pourtant qu’avec ses propres mots que le personnage principal retrouvera sa maison, son pays… son pays intérieur !

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